Tu seras comme Catherine la grande

14 juillet 2018

La vie 2.0, dure réalité

Ce téléphone qui n'a jamais marché depuis presque deux ans on va le ranger tiens. C'est Orange, ils n'ont jamais dû activer la ligne. Tant pis, osef, pas besoin.

Alors cette boite... Tiens je pourrais même essayer de le revendre..
Alors cette boite... Tiens il reste un truc dans la boîte... ah des piles... des piles rechargeables..
Tiens y'a écrit quoi sur la boîte ?
"Fonctionne avec 2 batteries rechargeables"
Bravo Sophinette tu pouvais toujours le laisser charger sur son socle indéfiniment !
Qu'à cela ne tienne on va les mettre ici et maintenant.
...
Tiens, ça s'ouvre pas.
...
Tiens y'a de la poudre blanche.
...
Un peu comme quand tu avais fait fondre un truc électrique un jour.

Mes amis la vie 2.0 - liberté autonomie autosuffisance - est semble t'il encore en cours de téléchargement.

Au prix d'un téléphone fixe à 30€.

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17 juin 2018

Le plus dur

On me dit souvent que je suis teeeellemeeeent courageuse. On me demande souvent qu'est-ce-qui est le plus dur, dans cette vie de mère célibataire. On me le demandait déjà quand j'étais mère au foyer. C'est à croire que j'ai toujours l'air d'avoir une vie à la mine. Mes réponses ont bien changé depuis 11 ans, et elles changent encore.

Avant, je disais que c'était le fait de ne parler qu'à un bébé toute la journée.

Puis ça a été le fait d'avoir le nez dans mon ménage toute la journée.

Puis encore le fait de devoir cuisiner à tous les repas.

Puis le fait de ne pas faire marcher mon cerveau autrement qu'en essayant de résoudre le problème de ma machine à ma pain ou de comprendre pourquoi mon enfant était encore enrhumé.

Puis le fait de ne sortir que pour aller chez le médecin ou à la pharmacie.

Puis le fait, et c'est toujours un peu vrai, parce que même maintenant que je travaille, je n'en ai toujours pas, de ne pas avoir d'arrêt maladie. Ne pas avoir d'arrêt maladie, ne pas pouvoir s''arrêter de travailler, parce que le travail des mères au foyer, c'est leur maison et leurs enfants. 

Alors évidemment, pour moi c'est un peu double peine, parce que maintenant je travaille de chez moi. Donc j'ai les enfants, je travaille, je suis malade, je travaille, j'ai les enfants, c'est un cercle un peu vicieux mais enfin je ne me plaindrai pas : j'ai un travail formidable, je fais ce que j'aime, je vis de ce que je sais faire. Et comme il n'y a pas grand chose que je sais faire, c'est une aubaine. 

Depuis deux ans, le plus dur, et peut-être défintiviement le plus dur, c'est de ne pas avoir de relais. N'avoir personne pour m'aider. Pour me dire "reste dans ton lit, je m'occupe des enfants". Cette phrase, le jour où je l'entendrai, je vous garantis que je pleurerai de joie. 

Personne, jamais, pour me relayer. Si je ne me lève pas, si je ne fais pas la vaisselle, si je n'étends pas le linge, si je ne prépare pas un repas, personne ne le fera à ma place. 

Je vous garantis qu'à la longue, c'est épuisant, de ne pouvoir compter que sur soi. C'est tellement épuisant que je suis épuisée, ce qui explique - un peu beaucoup - ces quelques jours de silence. Je concentre mon énergie pour faire des trajets d'école, travailler au moins un peu parce que même les pommes de terre ne tombent pas du ciel, aimer mes enfants. Et aimer, aimer vraiment, ça demande sacrément de l'énergie. surtout en période de coupe du monde avec des garçons à ne pas décevoir.

N'avoir jamais de relais, ne jamais compter que sur soi. Trouver la force de se lever, et ne pas savoir si on l'aura demain. Sentir que la réserve fond comme neige au soleil, et se demander par quel miracle on va pouvoir continuer à rester debout. Rester debout quand même. Mais à quel prix. 

On me dit souvent que je suis teeeellemeeeent courageuse. Dîtes-vous bien que je ne le suis pas. Je ne le suis pas du tout. Je n'ai juste pas le choix.

#BrefJeChercheUnRelais

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30 mai 2018

Si Dieu nous prête vie

Vous avez remarqué ? A chaque décès, c'est la même histoire. On pleure, on sèche nos larmes, on repense à ce qu'on a fait, ce qu'on a dit, et surtout à ce qu'on n'a pas fait, et ce qu'on n'a pas dit. On blémit, on regrette et on pleure encore, et puis finalement on se promet la main sur le coeur que désormais, on va s'aimer, on va se le dire, on va en profiter.

On va arrêter de geindre, de se plaindre, de voir tout ce qui ne va pas, de critiquer Tante Paulette, notre patron et la secrétaire qui traîne sur facebook toute la journée. 

On va arrêter de s'engueuler, d'être désagréable, d'être matérialiste et de ne penser qu'à notre prochaine voiture.

On va éteindre la télé, prendre un bon bouquin, regarder les étoiles, la mer et même pourquoi pas l'immeuble en face, parce qu'après tout lui aussi il est joli. 

On va arrêter de crier sur les enfants, de s'agacer d'un pull enfilé à l'envers, de les coucher à toute vitesse pour enfin être tranquille, de punir un peu  et de soupirer beaucoup trop. 

On va lire une histoire, soigner un bobo, faire un bisou magique, être douce, s'assoir pour une partie de 1000 bornes et préparer les plats qu'ils préfèrent.

On va regarder le monde qui nous entoure avec des yeux émerveillés, on va aimer les autres, on va leur dire.

On va chérir ceux qu'on aime, tellement plus, tellement mieux, on va en prendre soin et ne plus jamais oublier qu'on ne veut pas que notre aimé parte en s'étant dit qu'on l'aimait moins, qu'on l'aimait peu. 

On se dit tout ça, et puis au bout de quelques jours, quelques semaines peut-être, c'est comme les accouchements, plus jamais j'te dis, on oublie. 

On oublie et on recommence.

A gémir, à pleurer, à s'agacer, à ne pas voir, à ne pas entendre, à ne pas aimer. 

Qu'est-ce qui'il nous faudrait comme éléctrochoc, pour qu'on n'oublie pas ? Que nous ne sommes pas éternels et que les autres non plus, et que nos vies peuvent s'arrêter en un claquement de doigt, comme ça. Un jour vous pensez que l'amour de vie sera toujours là, le lendemain il meurt. Un jour vous pensez que vos enfants ont tout le temps, le lendemain, ils meurent. 

J'ai connu des religieuses qui disaient toujours, à chaque fin de lettre ou de conversation, à chaque fin de la journée : "à bientôt... si Dieu nous prête vie." 

Je le dis souvent, peut-être pas encore assez, parce que j'ai l'air de m'endormir le soir, de me réveiller le matin, d'entendre quatre enfants remuer à l'étage et de me savoir aimée comme un dû. 

Je le dis souvent, peut-être pas encore assez, parce que je quitte encore bien des gens sans leur dire que je les aime. Et s'il y avait un petit quelque chose à faire, avant d'arrêter de me plaindre - y arriverais-je un jour - ce serait celui-là.Dire l'amour, l'affection, la gratitude. Pour que, si l'un ou l'autre me quittait ce soir ou demain, je puisse avoir ce doute en moins : il savait. Et je crois que c'est peut-être un des doutes, une des douleurs qui consume le plus.

Alors à bientôt, à demain, à tout à l'heure... si Dieu nous prête vie. 

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27 mai 2018

Le sens de la fête

Est-ce que c'est grave, de ne pas fêter la fête des mères ?

Il y a quelques années, j'aurais répondu oui, c'est grave, il faut, c'est important. J'aurais sûrement refusé d'envisager une fête des mères sans fête. Finalement, après deux années de séparation, des fêtes toute seules, j'en ai passé un certain nombre. Pâques, deux fois. Mon anniversaire, une fois. Noël, une fois. Les anniversaire de mes enfants, plein de fois. 

Il y a donc ces fêtes instituées et ce qu'on en fait. La fête des mères en fait partie. Dans l'imaginaire c'est une journée merveilleuse où les enfants commencent par vous réciter un poème la main sur le coeur, préparent le déjeuner avec leur père pendant que la maman sirote un mojito les doigts de pied en éventail. Mais dans la réalité, qui vit vraiment ça ? Qui vit vraiment une journée entièrement festive, sans tâches sans cris ni disputes sans "laisse ton frère tranquille", sans "débarasse ton assiette !"

Personne.

Il y a les fêtes instituées par la société, l'imaginaire collectif, et la réalité. 

Alors faut-il vraiment se mettre la rate au court-bouillon parce que nous  allons à la messe de Pâques toute seule et qu'il n'y aura pas de chasse à l'oeuf en rentrant ? Parce que nos ados n'ont pas eu la lumineuse idée d'aller acheter une petite rose à 3 € pour la fête des mères, parce qu'ils nous mettent de côté comme tout bon ado qui se respecte ? Parce que le monde a l'air de faire la fête quand on notre journée à nous est d'une médiocrité sans nom ?

Non. Nous pouvons choisir de ne pas nous appesantir sur ce qui n'est pas. Je parle pour les parents célibataires évidemment, privés de leurs poussins un Noël sur deux, entre autres, car la liste est longue. Mais aussi pour les femmes de militaires, qui sont privées de leur mari une bonne partie de l'année, fêtes de famille incluses. 

Alors, qu'est-ce qu'on en fait, de ces fêtes qui ont l'air de ne pas en être ?

On choisit de les célébrer quand même. Différemment. Différemment de ce qu'on avait imaginé, différemment du reste du monde. Si on ne veut pas mourir de chagrin, si on ne veut pas devenir aigries, on regarde ce qu'on a, et on s'en réjouit. On regarde la "part délicieuse que Jésus nous donne" et on s'en réjouit. Un Noël toute seule, une fête des mères avec juste une tarte pour se réjouir, sans papa qui fait la cuisine sans cadeaux des enfants, mais mon Dieu qu'elle est bonne, parce qu'on l'a faite pour nous, pour célébrer ce que l'on a. Le peu que l'on a. Mais que l'on a. Et c'est finalement là l'essentiel. 

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26 mai 2018

Accepter d'être la cruche creuse et vide

Quand la maman solo est malade, la maman solo est pire qu'un homme : rapidement au bout de sa vie. 

Elle ne pense pas seulement aux vertiges qui la terrassent, elle pense aussi à comment elle va se débrouiller avec 4 enfants à lever, habiller, amener à l'école. Et la voilà prise d'un vent de panique, car c'est impossible. Elle ne pourra pas. 

S'ils peuvent à la rigueur prendre un petit déjeuner tout seuls, guidés par les aînés, ils ne peuvent pas conduire 20 kms. Ca, ça ne marche pas. 

La santé est le bien précieux de la mère célibataire : si un grain de sable vient enrayer la machine, c'est fichu. 

Me voilà donc hier prise de vertiges impressionnants. Impossible de mettre un pied par terre. Me voilà donc face à mes fragilités : physique et quotidienne. Si mon corps me lâche, mon quotidien déjà complexe devient impossible. Je ne peux pas me permettre d'être dans mon lit. Personne ne viendra prendre mon relai. Mon mari ne posera pas une journée de congés ni ne rentrera plus tôt du travail.

Alors je crierais bien volontiers moi aussi "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonnée ?"... Et puis par ces moments difficiles, mon Dieu ne m'abandonne pas. Il me force à m'arrêter. Il me cloue dans un lit et me force à reprendre une intériorité perdue dans le bruit d'un monde qui va trop vite, trop fort pour moi. 

Accepter que le monde coure sans moi, accepter que les choses ne se passent pas comme prévu, accepter d'être la cruche creuse et vide dans laquelle Jésus viendrait déposer quelques gouttes de confiance, d'abandon et de force. 

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Bref je retourne dormir.

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22 mai 2018

Journées commando

6h30, ça pique, mauvaise nuit, cauchemars, malade, lever tout le monde, habiller, coiffer, monter en voiture, rouler 25 minutes, école.

Pas de mari.

9h : des courses et une migraine.

10h30 : audiprothésiste bonjour, mon fils a mis la tête sous l'eau avec ses appareils à 3000 €., ne me dites pas qu'il va falloir repayer, c'est pas d'ma faute j'vous jure, l'air mâlinette.

Pas de mari.

11h30 : sortie d'école, pique-nique, s'éviter 50 minutes de trajet sur 2 heures de pause, bien sûr on se gèle, mais que fait Météo France, bordel.

12h30 : c'est un moment particulièrement bien choisi, après qu'ils aient passé trois heures assis sur une chaise, pour aller acheter des chaussures à Petit Caillou et beugler sur les autres qui courent dans tout le magasin. Migraine. Bobo.

Pas de mari.

13h30 : retour école, commence à ramper.

14h : travailler, l'argent ne tombe pas du ciel, les neurones non plus, hélas. 

15h45 : sortie d'école, bobo, goûter, devoirs, préparations du dîner.

17h30 : douche-piscine. 

Pas de mari.

18h : booooboooo, mon lit, mon précieux.

19h : dîner

19h45 : dents, prière, ce put@@@ de velux qui ne ferme pas, c'est quoi cette arnaque des velux au juste ? un truc qui est voué à se casser et à vous faire vivre un enfer ?

Pas de bricoleur mari

20h : dodo mes chéris, bisous, je vous aime mais je suis épuisée, non pas d'histoire, ou tiens demande à ta soeur elle fait ça très bien.

20h10 : j'ai dit dodo les enfants.

Pas d'autorité de mari

20h13 : les garçons, je vais mourir bientôt., vous allez être fatigués demain, fermez les yeux et taisez-vous et doooodoooo.

20h37 : le premier que j'entends ne touchera plus à la tablette jusqu'à sa majorité

20h39 : mais je plaisante pas hein

Paaaas de maaaaaariiiiii

20h42 : en vrai, en vrai hein, la tablette elle va partir chez les petits enfants malheureux, vous avez gagné.

20h54 : toujours faire bon usage de la misère dans le monde, ils dorment, je dors, nous dormons.

Et pas de mari. 

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Mon dessin préféré s'il en faut un de Nathalie Jomard. Ceux qui connaissent Bébé Foie gras savent.

 

 

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21 mai 2018

Une affaire d'hommes

C'est une affaire d'hommes.

J'ai toujours vu les hommes de ma famille s'en occuper vaillamment, pendant que les femmes étaient en cuisine. 

Vingt ans plus tard, cette scène s'est tout naturellement déroulée sous mes yeux : pendant que je coupas des tomates, mon ex-mari s'affairait dans le jardin de chez ses parents. Je le regardais de la fenêtre, ma belle-mère préparait une mayonnaise. Chez eux aussi, c'était la base : les femmes en cuisine, les hommes.. au barbecue. 

Je n'ai presque jamais eu le droit d'y toucher. Quand j'étais petite, il ne fallait pas que je me brûle. Quand j'étais grande, il ne fallait pas que je brûle les brochettes. Et puis je devais surveiller les enfants, être mère, surtout ne pas prendre la place de l'homme. C'était important, de rester à sa place. 

Mais voilà, le Bon Dieu est ironique : pour le premier logement que j'habitais seule, Il m'a donné une maison. Avec ce fameux grand jardin à tondre. C'était drôle, après une vie en appartement, de goûter enfin à la joie du jardin. Et pour moi qui n'aime pas perdre mon temps à bronzer mais qui aime vraiment beaucoup les merguez, la meilleure manière d'y goûter c'était de pouvoir faire un barbecue.

Ce fut un de mes premiers achats.

On l'a monté bravement avec Petit Roi, 8 ans, l'homme. Je passe sur le temps que ça nous a pris, je passe aussi sur le fait qu'un an plus tard il lui manque une roue qu'on n'arrive pas à remettre, et qu'il a une allure nettement plus rouillée. 

La première fois que j'ai acheté des grillades chez le boucher, et qu'il a fallu l'allumer, je vacillais. A croire que je n'avais jamais été scout. Voilà où j'en suis arrivée, trembloter devant un barbecue, se penser incapable de réussir à faire un feu, avoir perdu absolument toute notion de confiance et de capacités, jusqu'à avoir peur d'un fichu barbecue. Je ne sais pas si l'on peut mesurer ce que ça m'a coûté de l'allumer ni la joie hystérique de prendre en photo mes premières saucisses se dorant la chair au-dessus du charbon de bois. 

Un an et quelques séances barbecue plus tard, c'est toujours la même joie. D'avoir un jardin. D'avoir un barbecue. De savoir m'en débrouiller. 

Je prends toujours la même photo, je l'envoie toujours aux mêmes amis ( vous en avez marre, je sais, bisous ). J'ignore combien de temps cela durera, mais je suis pétrie de fierté d'avoir franchi la ligne, entre la cuisine et le jardin. 

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19 mai 2018

On n'est jamais mieux servies que par soi-même

J'ai vécu dix ans avec un homme qui n'était pas très branché fleurs. Il préférait les plantes ( bien-bien vertes, ou un bonzaï, le truc joli au demeurant, mais pas très excitant ), parce que ça ne fane pas en trois jours. C'est pas faux, il faut bien le reconnaître mais c'est quand même un peu triste, une vie sans fleurs. Je dois pouvoir compter sur les doigts d'une main le nombre de bouquets reçus. C'est un peu l'ironie, quand on sait que j'ai grandi avec l'image de  mon père qui offrait a minima une rose chaque dimanche à maman et qu'il me semblait que c'était la norme dans un couple.

Bon, manifestement, ça ne l'était pas. 

Inutile de vous dire que ça ne vient à l'idée de personne de m'en envoyer - le livreur avec un gros bouquet dans les bras qui sonne à votre porte, c'est pas pour moi non plus - donc je me l'auto-dis avec des fleurs. Je ne pousse pas le bouchon jusqu'à me faire livrer des fleurs - encore que, un jour, il faudra - mais quand je passe devant des petits bouquets de tulipes, je me fais plaisir. 

C'est beau, c'est frais, c'est gai. 

Hier je suis passée chez Jardiland, et j'en suis ressortie avec une véritable beauté. 

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Oui bon, moquez-vous, c'est une plante. 

Mais ce rose, ce pot offert, et le fait de savoir que c'était un curcuma, oui un curcuma en Bretagne, ça m'a bien plu. 

Ca a l'air d'être peu mais c'est beaucoup : c'est s'offrir quelque chose, pour se faire plaisir. Ca a l'air d'être peu mais c'est beaucoup. 

 

 

 

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18 mai 2018

Comme un vendredi

Le vendredi, c'est le jour de transition. 

On est en "résidence alternée", ça veut dire que les enfants passent une semaine chez leur père, une semaine chez moi. On en reparlera, il y a des avantages, des inconvénients, beaucoup d'inconvénient, mais quelques vrais avantages aussi, on va pas se mentir. Le premier étant le temps pour soi, cette notion oubliée dans la première salle de naissance où nous avons mis un orteil. 

Donc le vendredi : transition. 

Ca n'a l'air de rien, mais passer du silence monacal à l'ambiance d'un stade de foot un soir de match OM-PSG, ce n'est pas si simple. Il faut reprendre ses marques, tous. Eux ils changent de maison, moi je change de dimension sonore. 

Des plats Picard avalés devant Netflix, je passe aux repas familiaux, lasagnes maison et tarte à la fraise. 

Des nuits à n'entendre que le claquement des vagues ( je vis au bord de la mer, j'vous avais pas dit ? ), je passe à mon enfant chérie qui me réveille encore trois fois par nuit. ( Vous vous souvenez de Petite Fleur qui n'entendait pas arrêter de tétér ? Cinq ans plus tard, Petite Fleur a toujours mille raisons de me faire lever toutes les nuits. La première : elle est par terre. La seconde : elle veut un câlin. )

Des journées à travailler de mon lit, je passe aux trajets en voiture qui n'en finissent plus.

Du premier café chaud de la journée entre Facebook, mon bouquin et cet ordinateur, je passe aux tartines à beurrer tout en surveillant que Petit Caillou ne boutonne pas le dimanche avec le lundi. 

C'est du sport. C'est objectivement du sport. 

Physiquement, psychologiquement. 

Avec quatre enfants, deux bras, et pas d'homme à la maison pour m'aider, je commence à ramper ,disons ...le mardi soir. Ce qui nous laisse, nous comptons hélas parfaitement bien, trois jours dans un état plutôt second à tirer.  Ca fait long hein ? Je trouve aussi. Et pourtant, la transition dans l'autre sens n'est pas plus simple. Passer du bruit de la vie au silence de la pause n'est pas toujours une partie de plaisir. Au début, j'en pleurais des soirées, un vrai torrent. Et puis c'est devenu normal. Presque plaisant quand vraiment la semaine a été difficile. C'est une maigre contre-partie, mais j'ai au moins l'occasion de pouvoir mettre la vie de famille en pause. Beaucoup de mères épuisées tueraient pour pouvoir le faire. Alors je décide de ne pas m'en plaindre. Du moins, de ne plus m'en plaindre. Ou de m'en plaindre a minima. Bref je fais des efforts quoi. 

Toujours est-il que ce soir, j'ai quatre enfants qui arrivent. 

J'ai presque, à quelques moments près, passé une belle semaine. J'ai travaillé, j'ai superbement oeuvré dans mon jardin, j'ai réussi à me botter les fesses pour aller à un temps de prière tous les jours ou presque. 

Ce soir, ils arrivent. J'ai avalé de l'ortie, mon frigo est rempli, mon menu est prêt, j'ai fait d'émouvants aurevoirs à mes gnocchi chèvre-épinards de chez Picard ( ma vie pour ces gnocchi, ce n'est pas possible de faire un plat aussi parfait ).

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16 mai 2018

Ma liberté pour une tondeuse

Quand j'ai dû déménager, quand Monsieur est parti ( une sombre histoire d'agence immobilière que je raconterai plus tard ), j'ai eu un sacré coup de pouce du Bon Dieu qui ne m'a pas laissé tomber. C'était bien sympathique de sa part, parce que je ne me voyais pas dire aux enfants : "On a toujours vécu dans une jolie maison, ça fait un an qu'on est au bord de la mer, et on déménage dans un HLM : surpriiiiiiise"

Alors j'ai reçu cette maison. Un vrai cadeau. Une maison au bord de la mer, avec un jardin. Un grand jardin. De quoi faire un potage, des poules peut-être un jour quand j'arrêterai de voyager, un prunier : j'ai toujours vécu sans jardin ; mon premier aura été pour le jour où j'ai divorcé. C'est presque un peu ironique.

Bref quand on a un jardin, si on ne veut pas avoir l'impression d'évoluer dans une jungle hostile, il faut passer la tondeuse. Jusque là, ok. 

Mon propriétaire est venu me voir, il avait bien compris que sa nouvelle locataire était une trentenaire soudainement livrée à elle-même, il m'a dit "Je crois qu'il est temps que je vous donne une leçon de tondeuse." Bien, allons-y. Passer là, passer là, attention au fil, passer là,, faire comme ci, comme ça, vider ça, attention au fil hein, repasser là, mais vraiment ATTENTION AU FIL.

J'ai tondu le fil à mon deuxième épisode de "Je suis une femme libre et autonome, je sais passer la tondeuse toute seule". 

Dans un élan d'enthousiasme, il y avait un gros tas d'herbe, v'lan ! Plus de courant, un bruit terrifiant, j'en ai trembloté cinq bonnes minutes. 

Depuis je me sens toujours un peu hésitante à m'y remettre, mais cette fois, il fallait. Il commence à faire beau ( en Bretagne, ben oui ), éventuellement on va pouvoir déjeuner à l'ombre du prunier, voire même si je suis très courageuse faire un barbecue. ( vous verrez que globalement la notion de courage est assez omniprésente chez moi, puisqu'il m'en faut pour à peu près tout et n'importe quoi ). 

Alors voilà, j'ai pas eu le courage ( encore lui, je vous avais prévenu ) de tout tondre, mais l'idée est là. Au moins on ne déjeunera pas avec des herbes hautes jusqu'à la taille. Je n'ai rien abîmé, si ce n'est ce petit wagon en bois qu'un enfant avait abandonné au milieu de la jungle. J'ai trembloté un peu quand j'ai entendu le vacarme qu'il provoquait, mais mon fil orange était toujours bien entier lui, c'était l'essentiel. Sans doute Petit Bourgeon n'aura pas le même avis, j'en conviens. 

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